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ODYSSÉE AU PAYS DE L’OR VERT

costa_ricaEn fin d’après-midi, c’est concert de la nature au Pacuare Lodge. Une pluie tropicale s’invite dans la forêt primaire. Le long d’un sentier serpentant entre ruisseaux et cascades, sous le couvert des arbres, les promeneurs sentent à peine les gouttes tièdes leur glisser dans le cou. Le grondement de la rivière au loin se mêle à la mélodie de l’ondée sur les feuilles. Les troncs résonnent de coups de becs. Les oiseaux lancent des chants inconnus, les rainettes coassent sans gêne, les singes souhaitent bonne nuit à la cantonade. Il devient impossible de distinguer si cette symphonie vient du cielou de la terre. Petite musique de nuit, version Costa Rica.

Pour comprendre le caractère particulier de ce pays d’Amérique centrale, montré en exemple pour son action écologique lors de la dernière Cop 21, il suffit de quelques chiffres: à peine plus grand que la Suisse (51.100 km2), il abrite 6% de la biodiversité mondiale. Un quart de son territoire est protégé. Il compte 27 parcs nationaux, 13 réserves naturelles, 12 réserves forestières et 123 réserves écologiques privées… C’est un monde en soi. Pour vivre l’aventure exceptionnelle de ce tête-à-tête avec la nature, on peut commencer par embarquer dans un raft, sur le rio Pacuare. Et s’initient au français en un temps record. «Avant», «Arrière», deux mots suffisent pour se former à l’art de la pagaie. Quand les rochers émergent à la surface des rapides, classés de 2 à 4 sur une échelle de 5, le guide sort le mot magique: «Sécurité !».

L’apprentissage du rafting est rapide, même pour qui n’entend pas l’espagnol velouté des Costariciens. Tous les guides parlent un anglais parfait.

Il incite tous les pagayeurs à bondir au fond du bateau. Précision: à la fin mars, aucun touriste n’était encore tombé à l’eau. Sauf ceux qui cherchaient à impressionner madame. Avant de remonter à bord tout sourire.

Le rio Pacuare coule sur le flanc caribéen du Costa Rica, le plus vert. Sur ses rives, les arbres sont gigantesques. Ils abritent la plupart des 850 oiseaux du pays. Mais aussi nombre des 230 mammifères, sans compter les 34.000 insectes. Un regard en l’air, voici un toucan. Qu’il glisse sur l’eau turquoise et il saisit un iguane. C’est un véritable safari, sans les minibus. Alors que les pagayeurs d’un jour descendent du raft, ils entendent un bruit sourd à leurs pieds: c’est un superbe serpent, deux mètres à vue d’oeil, tombé d’un arbre après s’être offert une omelette d’œufs crus. Le guide s’en fait une écharpe pour rire: «Pura vida»… Pure vie! L’expression préférée des locaux, devenue la devise marketing de tout un pays.

Celui-ci peut se vanter d’être alphabétisé à 98%. Dès le collège est enseigné le tourisme, une matière mêlant géographie, biologie, anglais et instruction civique. Les enfants connaissent par cœur le nom des volcans et des parcs nationaux. Une Université de la terre a par ailleurs été créée il y a trente ans. Elle a aidé le pays à utiliser les crédits-carbone des entreprises polluantes pour replanter des millions d’arbres. Les forêts couvrent aujourd’hui la moitié du pays. Grâce à une géographie montagneuse, aux rivières, aux volcans et aux vents forts soufflant sur cet isthme étroit, le Costa Rica parvient à produire 98% de son électricité à partir d’énergies renouvelables. En août 2015, le pays a tenu 94 jours en autonomie énergétique. Autant de performances qui compensent la pollution agricole et des transports. Olivier JOLY

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